
Hominids@home
devrait être le second projet
à intégrer la nouvelle
plateforme pour l'Agragétion des compétences (
BOSSA)
en cours de
développement à Berkeley. Dans ce projet, les
internautes pourront offrir un peu de leur temps, leur patience et
leurs
compétences pour aider les paléontologues
à exhumer des fossiles humains enfouis depuis plusieurs
millions d'années dans la
vallée de l'Aouache (Éthiopie).
Pour
la première
fois, la cyberscience citoyenne va s'intéresser à
la recherche des
origines de
l'Homme. La vallée de
l'Aouache
en Éthiopie
abrite l'un des plus
riches gisement d'hominidés fossiles au Monde, ces
fossiles sont parfois vieux de 4
millions d'années. L'Aouache (également
appelé Hawash, Aouach ou Awash) est un cours d'eau
d'Éthiopie prenant sa source dans les plateaux du centre
éthiopien (près d'Addis-Abeba,
"Nouvelle
fleur" en
amharique), coulant vers
le nord dans la vallée du grand rift et la
dépression de l'Afar et se
jetant dans le lac Abbe. C'est sur les rives de la rivière
Aouache,
plus précisément à Hadar (basse
vallée
de l'Aouache), qu'une équipe de
recherche internationale a découvert le fossile de
Lucy en
1974. Découverte dans des terrains datés
de 3,18 millions d'années, Lucy a
longtemps été considérée
comme la représentante d’une espèce
à
l’origine de la lignée humaine. Des
découvertes plus récentes ont remis
en cause cette hypothèse : Lucy serait une cousine
éloignée (
Australopithecus afarensis),
plutôt
qu’une ancêtre du genre
Homo.
Entre 1992 et 2000, plus de 2000
fossiles ont été mis au jour dans cette
région. Soixante-quatre
espèces de mammifères, représentant
32 genres, 23 familles et 8 ordres ont ainsi
été recensées.
Chaque année durant la saison
des pluies, les précipitations emportent la
couche supérieure du sol dans la vallée, cette
érosion a pour heureuse conséquence d'exposer de
nouveaux
fossiles qui étaient cachés juste
sous la surface. C'est alors que les
paléontologues parcourent le bassin de
l'Aouache à
la recherche des vestiges les plus anciens de nos ancêtres
hominidés. Mais c'est une course contre la montre :
l'érosion des sols inhérente à
la prochaine pluie ou
tempête de sable recouvre bientôt une fois de plus
les fossiles. De ce fait, même les chasseurs de
fossiles les plus motivés ne peuvent couvrir qu'une petite
partie du lit fossilifère
avant que ces fossiles ne soient de nouveau recouverts par la terre et
la
poussière, et perdus à jamais pour les
chercheurs.
Ceci pourrait changer lorsque le nouveau projet Bossa sera
lancé. La stratégie est
déjà bien huilée, les chercheurs vont
utiliser un drone sans pilote qui volera
à
basse altitude pour prendre des photographies haute
résolution du lit fossilifère de la
rivière
immédiatement
après un épisode pluvieux. Cet aéronef
sera
équipé d'un appareil photographique
numérique avec
une autonomie
d'environ 1000 images. Des clichés
haute-résolution de 2000x3000
pixels seront pris et plusieurs appareils numériques seront
utilisés.

Un
collecteur d'image devra être développé
(sous
Linux, en python ?). Les appareils photographiques seront
connectés à l'ordinateur du projet via une prise USB. Les photographies seront
alors téléchargées sur l'ordinateur
puis, par
l'intermédiaire de Bossa,
immédiatement
envoyées aux bénévoles du monde
entier. Tout comme pour Stardust@home où les
bénévoles étaient formés
pour
détecter les traces de particules de poussière
interstellaire, les participants de ce nouveau projet seront
formés pour
reconnaître les
fossiles d'hominidés sur les images, signaler leur
localisation, puis retourner leurs résultats au
quartier général du projet.
Le projet se veut convivial et ouvert à tous. N'importe qui
pourra participer et ce quel que soit ses connaissances en informatique
et en paléontologie. En effet, trois niveaux de
participation seront proposés
aux volontaires :
- Débutant : il s'agira d'identifier les ossements mais
sans
les classer (exercice à la portée d'un
élève du primaire)
- Intermédiaire : faire la distinction entre les ossements
de
primates et ceux d'autres espèces,
dent/crâne/autre
(exercice à la portée de n'importe quel adulte)
- Avancé : savoir reconnaître
~10 espèces et ~ 5 types d'os (niveau expert)
Le tutoriel d'entrainement s'appuiera sur
BOLT
(Berkeley Open Learning Technology), une autre plateforme de Berkeley
dédiée au partage des connaissances. L'utilisateur
apprendra à reconnaitre les
fossiles sous différentes conditions d'éclairage
et avec des ossements d'âge différents, on y verra
notamment tous les objets que l'on pourra
rencontrer mais aussi des objets qui ressemblent à
des
fossiles mais qui en fait n'en sont pas (faux négatifs).
Pour finir un test permettra à l'utilisateur
d'évaluer ses connaissances.
Chaque photographie sera agrémentée d'une
série de renseignements. Un fichier au
format .JSON
accompagnera chaque cliché. On pourra ainsi s'informer sur
la date de la prise de vue, les coordonnées
géographiques (latitude et longitude) du point
central
de l'image (une estimation basée sur les repères
de l'image
et les donnée GPS), le nom du fichier, la taille de l'image
(nombre de pixels en longueur et en largeur), l'échelle de
l'image
(mètres/pixel).
Un
script
(
load_images)
est actuellement en cours de développement. Il permettra de
créer une série d'enregistrements Bossa, copier
les images dans un répertoire. Ce répertoire
prendra le nom d'identification de la série, le script
créera des images de résolution moyenne
(~1024x768) et un enregistrement Bossa pour chaque
image.
Le script générera une
série de tâches qui pourront être
gérées comme des unités (voir
ci-dessous). Au
départ, la série est "en attente" ("pending"), ce
qui
signifie
qu'elle n'est pas encore disponible pour les volontaires.
Les
images à analyser s'initialiseront sous
une résolution de 1024x768. Les boutons de commande
resteront
fixe lorsqu'il s'agira de faire défiler l'image. Ils
intégreront :
- Un bouton "Done" (fait)
- Un bouton agrandissement/réduire ("Magnify" -
"Shrink"). Notamment pour permettre d'accéder à
une
résolution de 2000x3000
pixels, et ainsi pouvoir observer les détails les plus fins
sur l'image
- Un menu avec les différentes caractéristiques
qui
permettront d'identifier les fossiles, et une zone de saisie pour
écrire des commentaires
- Un bouton "Rotation" qui permettra de tourner l'image sur 90
degrés
- Pour répertorier une caractéristique,
l'utilisateur devra
sélectionner un groupe de caractéristiques et
appuyer sur
l'image
Une page "interactivité" apparaitra toutes les N images (N=1
?),
elle permettra d'encourager l'utilisateur et de l'informer
sur le travail effectué. L'usager pourra accéder
à la prévisualisation du travail
récemment
effectué (avec un lien qui permettra de voir le travail des
autres utilisateurs sur l'image que l'on vient d'analyser), un lien
vers le forum, la liste des utilisateurs en ligne avec la
possibilité d'envoyer des messages instantanés et
une boite de réception pour recevoir et envoyer des messages.
Quelques images "étalons", c'est à dire des images
qui ont déjà été
analysées et validées sur le terrain, seront
également introduites. Il y a deux raisons à cela
: augmenter la proportion d'images qui contiennent quelque chose (pour
ne pas décourager l'utilisateur) et
mieux estimer le taux d'erreur des utilisateurs.
Les scientifiques du projet auront accès à une
interface
internet adaptée. Ils pourront voir : la liste des
clichés, leur date, leur nom, leur emplacement
géographique, leur statut (en attente, en cours,
terminé). Ils pourront changer le statut de chaque
série de cliché et auront accès
à une carte sur laquelle apparaitront des petits rectangles
de couleur. Les couleurs permettront de voir les photographies qui ont
été analysées et les types d'ossements
qui ont été découvert. Ils pourront
voir et comparer les résultats, sélectionner le
"meilleur" résultat et ajouter leurs propres notes.
Avec les résultats du projet en
main, les paléontologues pourront réduire
considérablement le
temps nécessaire pour
trouver les fossiles. Avec
un aperçu complet du lit fossilifère, les
paléontologues pourront
se rendre directement vers l'emplacement des fossiles les plus
prometteurs, et les extraire pour une étude plus approfondie
avant
qu'ils ne soient une fois de plus, ensevelis sous la terre. En
substituant des milliers d'yeux de bénévoles
Bossa à travers le
monde au
travail épuisant d'une petite équipe sur place en
Éthiopie, le nouveau
projet pourrait révolutionner la
collecte d'hominidés fossiles. Il est impossible de
dire combien de
précieux fossiles seront
sauvés et
recueillis de cette manière, et ce qu'ils pourraient nous
révéler sur nos origines et sur nos lointains
ancêtres.
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