| Ecrit par Heyoka,
le 22-07-2007 12:40
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Publié dans : Actualités, Astronomie |
Rechercher E.T. et un traitement contre le
Cancer : La Planetary
Society participe au déclic d'une
révolution informatique.
Les dernières nouvelles relatives
à SETI@Home par Amir Alexander et Charlene Anderson
The
Planetary Report , May/June 2007
Nous ne pouvions pas dire "non"
lorsque cette opportunité s'est offerte à nous :
faire partie d'une expérience dans laquelle le grand public
pourrait vraiment contribuer à la recherche scientifique
pour saisir la chance de faire une découverte qui pourrait
changer le monde ou notre vision du monde. C'est ce que SETI@home
a promis lorsque David Anderson et Dan Werthimer de
l'Université de Californie, Berkeley, ont
présenté le projet à la Planetary
Society
pour nous demander notre aide pour son lancement. Avec le soutien de
nos membres, nous avons sauté sur l'occasion, et
près six millions de participants plus tard, SETI@home est
un repère dans l'histoire du calcul scientifique.
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SETI est à l'origine
de toutes les améliorations que nous avons connues dans le
domaine du calcul bénévole.
Ci-dessus : le
radio-téléscope de 26 mètres
à Green Bank en Virginie occidentale, qui a
été utilisé par la première
expérience SETI -- le
Projet Ozma (Crédit: NRAO / AUI)
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Une des raisons principales pour
laquelle nous avons soutenu SETI@home fut le potentiel du projet
à avancer dans la recherche d'une intelligence
extraterrestre (SETI), un effort intimement lié à
la Planetary Society
depuis notre fondation. Mais il y avait plus que cela. À
l'époque, nous étions certains que SETI@home
tracerait un chemin vers un nouveau mode du calcul, dans lequel des
paquets de données seraient distribués
à un réseau d'ordinateurs individuels,
créant un ordinateur géant virtuel capable de
diminuer de façon significative l'argent et le temps que les
scientifiques dépensent pour effectuer une somme de calculs
problématiques.
Le potentiel des
"dérivés" - les applications qui suivrait la
recherche initiale - était évident dès
la naissance de SETI@home,
mais le passage des potentialités à la
réalité n'est jamais garanti. On pouvait
seulement l'espérer. Dans le cas de SETI@home, cet espoir a
été réalisé de
façon spectaculaire.
Des applications allant de la
participation de la télévision britannique aux
consoles de jeu vidéo, les avantages inattendus de SETI@home
commencent tout juste à arriver. Les membres de la Planetary
Society
ont vraiment pariticipé à l'émergence
de nouvelles techniques pionnières dans le processus
scientifique. Notre investissement initial nous a gratifié
en retour de résultats étonnants qui continueront
à délivrer leurs avantages dans les
années à venir.
Un problème
de calcul
Les scientifiques conduisant des
projets de recherche complexes dépendent des ordinateurs
pour les aider à traiter les masses de données
rassemblées par les instruments modernes. L'informatique
actuelle revêt plusieurs contraintes : les grands et
puissants ordinateurs sont chers, et le temps de calcul sur les
quelques ordinateurs géants existants est rare. Les
équipes de recherche se battent pour avoir accès
à ce précieux temps machine. En outre, certaines
des énigmes scientifiques les plus intrigantes impliquent
des calculs si détaillés et si complexes qu'ils
n'ont besoin non pas d'heures ou de jours de calculs, mais
d'années entières voire même de
décennies de calcul pour les résoudre. Si
seulement la science réalisait pleinement le potentiel de la
révolution informatique entamée par la recherche
SETI, une approche différente était
nécessaire.
Une solution arriva sous une forme
inattendue : Internet. Dans les années 90, des millions
d'ordinateurs, isolés dans les bureaux et les maisons, ont
été reliés les uns aux autres par la
magie du World Wide Web (la toile (d'araignée) mondiale).
Tout à coup, en un clic de souris, les utilisateurs
pouvaient instantanément communiquer faisant fi des
frontières, des continents, et des océans. Ce
monde subitement relié pouvait-il permettre d'associer les
ordinateurs en vue de poursuivre un but scientifique ?
En 1995, à Berkeley en
Californie, une équipe de scientifiques a
décidé de répondre à cette
question. L'idée, née de l'imagination des
ingénieurs informaticiens David Anderson et David Gedye,
avec l'appui d'un des scientifiques du projet SETI,
Dan Werthimer, était brillante par sa simplicité.
La plupart des ordinateurs n'utilisent qu'une fraction de leur
capacité de calcul, en passant le plus clair de leur temps
en veille. Et si cette puissance de calcul processeur et de
mémoire vive gaspillée pouvait être
utilisée pour traiter la masse de données
rassemblées par la recherche d'une intelligence
extraterrestre, la puissance de calcul de l'ordinateur géant
le plus rapide au monde deviendrait un nain informatique face
à ce réseau.
La naissance du calcul
bénévole
L'idée était
brillante, mais aucun investisseur n'était
disposé à donner de l'argent pour son
développement. Anderson et Werthimer ont remué
ciel et terre à la recherche de fonds pour lancer
l'idée, mais hormis quelques donations en nature, aucun
sponsor visionnaire n'a fait un pas vers l'avant - jusqu'à
ce qu'ils appelent la Planetary Society. En utilisant les fonds du Carl
Sagan Fund for the Future
et une donation de Paramount
Pictures, nous avons fourni les 100.000 premiers dollars
requis pour démarrer le projet.
Et ainsi SETI@home était
né. Lancé en 1999, il devint vite le chouchou des
médias internationaux. En quelques mois, des millions de PC
affichaient déjà les graphiques dynamiques de
puissance qui deviendront l'icone du projet SETI@home. Ce fut un
succès incroyable que même le plus optimiste des
fondateurs de SETI@home n'aurait jamais imaginé. Les
utilisateurs de SETI@home ont rendu possible la recherche d'une
intelligence extraterrestre la plus précise jamais conduite
; ils ont également démontré la
puissance et le potentiel du calcul bénévole.
SETI@home devenait - et de loin - le plus grand et le plus puissant
réseau informatique jamais assemblé,
accomplissant en quelques mois des calculs qui auraient normalement
pris des décennies.
L'écran de
veille classique et originel du projet Seti@home (crédit
: The Planetary Society)
Les scientifiques d'autres domaines
ont rapidement pris note et ont recherché des
manières de tirer avantage de cette remarquable ressource.
Les premiers furent une équipe de l'université de
Stanford qui tentait de déchiffrer les mystères
du repliement des protéines, leur projet étant
idéalement approprié au calcul
bénévole. Les protéines sont de
longues chaines d'acides aminés, les "briques du vivant".
Pour mener à bien leurs fonctions, les protéines
ne peuvent pas rester de simples chaines, ou "colliers", mais ont
besoin de se plier dans des formes complexes et spécifiques.
Un des mystères les plus étonnants du vivant est
que les protéines exécutent cette tâche
de manière fiable, efficace, et rapide. Modéliser
ce processus à l'échelle atomique s'est
avéré être l'un des défis
les plus complexes de la biologie informatique. La
résolution de ce problème, non seulement aiderait
les scientifiques à mieux comprendre les processus du
vivant, mais pourrait également aider à combattre
certaines des maladies les plus invalidantes affectant
l'humanité telles que : Parkinson, Alzheimer, l'ESB ("la
maladie de la vache folle"), et certains types de cancer.
La difficulté principale de
la simulation du repliement des protéines est le temps,
explique Vijay S. Pande
de l'université de Stanford. Les protéines se
plient sur une échelle de temps en micro-secondes (le
millionième d'une seconde), mais la simulation du repliement
sur une seule nanoseconde (un milliardième d'une seconde)
prend environ un jour à un ordinateur moyen. À ce
rythme, cela prendrait presque trois ans pour simuler une micro-seconde
de repliement et peut-être même une ou deux
décennies de temps machine pour analyser le repliement d'une
protéine simple. Ce n'est pas la façon la plus
pratique pour résoudre le problème.
Puis vint SETI@home, Pande et ses
collègues ont pris bonne note. En une année,
SETI@home avait exécuté non pas une ou deux
décennies de calcul mais bel et bien des millions
d'années de calcul. Ce genre de puissance de calcul pouvait
résoudre les difficultés des simulations de
pliage de protéines. Après une année
pour concevoir leur propre plateforme de calcul
bénévole, l'équipe de Stanford a
lancé folding@home avec des résultats
spectaculaires. Dans un délai de deux ans, la
première publication scientifique du projet est parue dans
Nature. Bien que la longue route qui mène au traitement des
maladies se trouve toujours devant nous, à la date de cet
article, le projet a permis la publication de 49 articles revus par des
pairs dans des journaux scientifiques faisant reférence.
Folding@home socillite maintenant
d'autres régions du Cyber-espace, au delà de la
seule communauté des utilisateurs d'ordinateurs. En mars,
les "gamers" utilisant la PlayStation 3 de Sony ont pu saisir la chance
qui leur était donnée de combiner le
divertissement avec la recherche scientifique en lançant
folding@home sur leurs machines. Plus de 100.000 utilisateurs ont
téléchargé le logiciel folding@home
seulement deux jours après sa mise en service, avec environ
35.000 participants en tout temps. Les puissants processeurs au coeur
des consoles de jeu sont conçus pour exécuter des
calculs extrêmement rapides, 10 à 50 fois plus
rapidement qu'un PC ordinaire. Ainsi, bien que la console PlayStation 3
ne représente qu'un cinquième des machines sur
folding@home, elle participe aux deux-tiers de la puissance de calcul
du projet.
L'écran du
projet folding@home sur la Playstation 3 de Sony
L'image montre le pliage de la
protéine tel qu'il est déchiffré en
temps réel par le processeur. Les points de
lumière en arrière-plan montrent en temps
réel l'emplacement géographique des PlayStation 3
faisant tourner folding@home (crédit : Stanford University /
folding@home).
La naissance de BOINC
Bien que SETI@home
et folding@home soient deux projets parfaitement réussis
faisant participer plusieurs milliers de personnes et de machines
à travers le monde, les projets ont
révélé les limites du concept de
calcul bénévole. Chaque équipe de
recherche, travaillant séparément, a dû
concevoir son propre projet à partir de zéro,
écrire et tester son propre logiciel, acheter et entretenir
ses propres serveurs. C'est un défi même pour les
ingénieurs informaticiens, et encore plus pour les
scientifiques travaillant dans les domaines tels que la biologie, la
physique, ou la médecine, qui ont peu de connaissances sur
la façon de concevoir et faire fonctionner un
réseau informatique. Bien que les équipes de
Berkeley et de Stanford aient réussi à concevoir
et à entretenir leurs projets respectifs, entreprendre une
expérience de calcul bénévole
était en soi un exploit important d'ingénierie,
peu de scientifiques seraient capable de suivre cette route.
David Anderson, directeur de projet de
SETI@home, a considéré qu'il avait la solution.
Comment rendre le calcul bénévole simple et
facile à utiliser, pour que de nombreuses équipes
de recherche réticentes puissent tirer avantage de son
potentiel remarquable. Avec cette problématique à
l'esprit, et avec l'expérience accumulée sur
SETI@home, Anderson a créé l'infrastructure de
Berkeley pour le calcul en réseau, connue par son acronyme
accrocheur : BOINC (Berkeley Online
Infrastructure for Network
Computing)
À la différence
de SETI@home ou de folding@home, BOINC n'est pas en soi un projet de
recherche de calcul bénévole. C'est
plutôt un code informatique facile à utiliser
disponible pour n'importe quelle personne qui souhaiterait lancer un
tel projet. Avec des modifications relativement mineures, le code de
BOINC peut être utilisé pour des projets dans
presque n'importe quel domaine.
Le projet qui a permis d'ouvrir la
voie à BOINC était SETI@home. En juin 2004, les
utilisateurs ont commencé à
télécharger BOINC, qui est plus puissant et plus
flexible que le projet original. À la fin de
l'année, la transition de SETI@home vers BOINC
était terminée, et la version "classique" du
projet fut arretée.
La conversion de SETI@home
était une étape importante car BOINC permet aux
utilisateurs de calculer facilement sur plusieurs projets. N'importe
quel volontaire peut, par exemple, décider de calculer sur
SETI@home à 70% de son temps et sur un projet de biologie
les 30% restants. En conséquence, les armées
d'utilisateurs SETI@home étaient disponibles pour d'autres
projets BOINC qui commençaient à voir le jour.
Peu de temps après, de
nombreux autres projets ont lancé leurs propres programmes
sur BOINC. Parmi eux, le projet predictor@home, de l'institut de
recherche Scripps (Scripps Research Institute) à San Diego.
Comme folding@home, il étudie le repliement des
protéines, mais alors que le projet de Stanford essaye de
déterminer les séquences de repliement en
fonction du temps, predictor@home se concentre sur l'architecture
interne de la protéine pliée. Deux autres projets
BOINC utilisent l'informatique répartie pour
déchiffrer la structure des protéines :
Rosetta@home, de l'université de Washington, et
Proteins@home, de l'École Polytechnique en France.
Selon David Anderson, 40 projets ont
maintenant rejoint la famille BOINC et utilisent le calcul
bénévole. Primegrid.com est un projet
mathématique qui recherche de très grands nombres
premiers et a déjà trouvé plus de 1300
nouveaux nombres premiers parmi les 5000 plus grands. Einstein@home de
l'université du Wisconsin à Milwaukee recherche
des pulsars dans l'espace grâce aux données des
détecteurs d'ondes gravitationnelles LIGO et GEO. LHC@home
simule le Grand Collisionneur Hadronique, un
accélérateur de particules qui sera construit
dans les installations du CERN près de Genève, et
deviendra le plus grand laboratoire de physique des particules au
monde. En simulant les particules se déplaçant
dans l'accélérateur, LHC@home aide à
la conception extrêmement précise requise par le
LHC.
La BBC monte à
bord
Le projet le plus populaire, mis
à part SETI@home,
est climateprediction.net, un projet BOINC de l'université
d'Oxford et de l'Open University
(l'Université Ouverte) au Royaume-Uni.
Comme son nom l'indique, climateprediction.net étudie un des
problèmes les plus urgents de la science et des politiques
publiques : le futur climat de la Terre.
"Il a tout commencé,"
s'exclame Bob Spicer
co-leader du projet à l'Open University
, "vers la fin des années 90 lorsque Myles Allen de
l'université d'Oxford remarque l'écran de veille
SETI@home sur l'ordinateur d'un de ses collègues."
Après que le concept lui ait été
expliqué, il commence à se demander, "serait-il
possible de modéliser le climat de la Terre de cette
façon ?"
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L'ouragan Katrina vu depuis l'espace, 28
août 2005
Alors qu'il n'est pas possible de dire avec certitude si le
changement climatique est responsable de l'augmentation du nombre et de
la puissance des ouragans, nous avons certainement besoin de
méthodes de prévision climatique
améliorées pour mieux se préparer
à ces tempêtes dévastatrices.
Crédit : NOAA (agence américaine responsable de
l'étude de l'océan et de l' atmosphère)
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Ce ne fut pas facile. Les
modèles climatiques sont extrêmement complexes,
divisant la surface de la Terre en petits carrés, puis en
redivisant ces derniers en couches différentes de
l'atmosphère. Le modèle fonctionne en fonction du
temps, prenant en ligne de compte des facteurs tels que l'effet
croissant des gaz à effet de serre émis par
l'Homme qui peuvent réchauffer la Terre, et le soufre qui
refroidit la planète en bloquant la lumière du
soleil.
Puis intervient l'effet des
océans, qui expliquent pour près de 50% tout
changement climatique. Pour compliquer un plus les choses,
l'atmosphère et les océans opèrent sur
différentes échelles de temps :
l'atmosphère peut répondre aux facteurs du
changement climatique en quelques jours, mais les océans
peuvent prendre des siècles pour changer leurs
modèles. Tout cela conduit à un ambitieux
exercice informatique exigeant les ressources informatiques disponibles
les plus en pointe et les plus rapides.
En septembre 2003, Allen, Spicer, et
leurs collègues ont lancé climateprediction.net.
La première version a été
simplifiée et n'a pas intégré les
océans. Elle a rendu le problème plus facile pour
déterminer quel effet le doublement de la
quantité de dioxyde de carbone (CO2) dans
l'atmosphère aurait sur le climat de la Terre.
Même simplifié, climateprediction.net faisait
déjà mieux que les modèles concurrents
: en janvier 2005, quand le premier article est paru dans Nature,
climateprediction.net avait calculé 2.570 simulations du
climat de la Terre, à comparer aux 127 calculés
par le superordinateur de Met Office, l'organisme gouvernemental
britannique responsable de la surveillance du temps et du climat.
Lors de la deuxième
étape du projet, Oxford et l'Open University ont
été rejointes par un étonnant nouvel
associé : la British Broadcasting Corporation (BBC).
Désireux d'engager le public dans une discussion au sujet du
changement climatique, la BBC projetait une série de
documentaires sur le réchauffement planétaire et
ses effets, en vue de les diffuser en 2006. Elle a proposé
de faire de climateprediction.net une partie à part
entière de son projet, en faisant la promotion de
climateprediction.net dans ses documentaires, et en invitant le public
à participer. C'était une offre qu'Allen, Spicer,
et leurs collègues ne pouvaient pas louper.
La nouvelle version de
climateprediction.net, également connue sous le nom de "BBC
experiment" (l'expérience BBC) était bien plus
complexe que la première version. Un océan
réaliste faisait maintenant partie intégrante du
modèle, et plutôt que de comparer des
états distincts (niveaux actuels de CO2 dans
l'atmosphère contre doublement de ces niveaux), le programme
a suivi l'évolution du climat en pistant les facteurs y
contribuant. À la différence de la
première version, le nouveau projet climateprediction.net
était un membre à part entière de la
famille BOINC.
La BBC, en attendant, a fait son
travail. Pour inaugurer le projet en février 2006, elle a
diffusé un documentaire d'une heure, intitulé la
fonte des glaces (Meltdown), sur le changement climatique. Le
documentaire invitait les téléspectateurs
à participer à BBC experiment, et le projet
connut un énorme succès durant la nuit. Durant
les 10 jours suivant la diffusion de "Meltdown", 100.000 personnes
répartis dans 143 pays avaient
téléchargé le logiciel et calculaient
sur climateprediction.net. Un mois après, ce nombre avait
doublé.
Selon Spicer, climateprediction.net
exige bien plus qu'un simple ordinateur comme c'est le cas pour
SETI@home. Un PC standard peut traiter une unité de travail
SETI@home en quelques jours, mais le calcul d'une simple simulation de
climateprediction.net pourrait prendre des mois. Néanmoins,
vers la fin de l'année 2006, plus de 50.000 simulations
avaient été calculées et
renvoyées au quartier général du
projet. Pour marquer la réussite de BBC experiment, la
chaîne a diffusé un second documentaire,
intitulé "Climate Change : Britain Under Threat"
(changement climatique : La Grande-Bretagne sous la menace),
présenté par le présentateur
britannique vedette, David Attenborough.
Bien que la participation de la BBC
soit maintenant terminée, climateprediction.net continue
toujours très fort. Son but final est de calculer plusieurs
millions de simulations pour explorer pleinement les effets de chacun
des 23 paramètres inclus dans le modèle.
« C'est une véritable recherche
scientifique qui ne pourrait pas être effectuée
par d'autres moyen, » précise Spicer.
« Elle utilise un modèle ultra moderne,
et elle permet de nourrir les discussions publiques en cours au sujet
du changement climatique. »
Fonds d'écran
possibles sur le projet Climateprediction.net
Le globe à gauche
modélise les températures, le globe à
droite modélise des nuages. (crédit :
Climateprediction.net)
Le futur
SETI@home et climateprediction.net
offrent un aperçu de la puissance et du potentiel du calcul
bénévole. Cette technologie fournit
d'énormes ressources informatiques à des projets
et relie le public à la science comme jamais cela avait
été possible auparavant. Les projets du type de
climateprediction.net, ajoute Bob Spicer, "permettent au grand public
de se rendre compte des contraintes d'un véritable projet
scientifique, auquel ils ont entièrement
participé." Le calcul bénévole est ce
qui rend tout possible.
Anderson recherche toujours des moyens
d'améliorer le calcul bénévole, y
compris l'élargissement au monde du jeu vidéo.
Bien qu'il considère ceci comme un chemin prometteur, la
plupart des projets ne sont pas aussi compatibles avec les consoles de
jeu que ne l'est folding@home. Par exemple, climateprediction.net ne
fonctionnera jamais sur une PlayStation 3, explique Anderson, car le
projet exige beaucoup trop de mémoire. Les projets comme
SETI@home pourraient probablement fonctionner sur une console de jeu,
bien que l'amélioration par rapport aux ordinateurs
conventionnels ne serait probablement pas aussi spectaculaire que cela
l'a été pour folding@home. Néanmoins,
Anderson et son équipe sont en cours de discussion avec Sony
pour le lancement d'une version BOINC pour PlayStation 3.
BOINC revendique 40 projets
d'informatique répartie, mais Anderson est loin
d'être satisfait. Il a estimé cela au fait "que
99% des scientifiques qui pourraient profiter du calcul
bénévole ne sont que faiblement conscients de
l'existence de BOINC." Les raisons qu'il avance ne sont pas
très différentes de celles qui ont
motivé la création BOINC : les scientifiques dans
d'autres domaines sont rarement bien informés sur
l'informatique, et leurs experts IT (en
technologie de l'information) veulent souvent garder la main sur un
projet, ce qui n'est pas toujours possible avec cette nouvelle
approche. En conséquence, le calcul
bénévole est rarement envisagé par les
chercheurs.
Pour surmonter ces
barrières, Anderson propose aux universités ce
qu'il appelle le "virtual campus supercomputing centers" (les
centres superinformatiques virtuels de campus). Ce seraient
des centres universitaires de calcul bénévole qui
offriraient l'hébergement et le conseil technique
à n'importe quelle équipe de recherche en
quête de ressources informatiques. Les centres chercheraient
les chercheurs qui pourraient se servir de leurs services. Une
université pourrait faire appel à ses
élèves et leur demander de passer quelques heures
sur leurs ordinateurs pour faire avancer le centre de calcul virtuel.
Les diplômés désireux de rester dans la
communauté de l'université où ils ont
étudié et de participer aux prouesses
scientifiques y contribueront avec plaisir.
Anderson prend le succès de
"World Community Grid" à coeur - un programme de calcul
d'IBM qui héberge et fait fonctionner des
opérations de calcul pour des projets scientifiques choisis.
Dans l'idée d'Anderson, le "virtual computing supercomputer
center"
ferait plus ou moins la même chose mais sur une
échelle plus grande. À l'avenir, il
espère que chaque campus universitaire aura son propre
centre. Quelque part en cours de route, Anderson croit qu'un point
d'inflexion sera atteint et les projets d'informatique
répartie deviendront si communs qu'ils seront
considérés dans tous les domaines comme une
option viable pour des calculs complexes et longs. Alors la
révolution de calcul bénévole sera
complète.
Et pour SETI@home, le
grand-père de tous les projets ? Huit ans après
son lancement et trois ans après sa conversion à
BOINC, le projet va toujours très bien. Avec des centaines
de milliers d'utilisateurs, il compte environ la moitié des
volontaires sur BOINC. Aujourd'hui, explique le scientifique en chef
Dan Werthimer, grâce à un nouveau
récepteur multi-faisceaux installé à
l'observatoire d'Arecibo et à la puissance de calcul accrue
du projet, SETI@home est plus puissant et plus précis que
jamais.
Alors que de plus en plus de projets
suivent le chemin qu'il a balisé pour le calcul
bénévole et la participation publique
à la science, SETI@home continue patiemment son chemin,
calculant des données et cherchant ce signal dans l'espace.
Quelque part dans le vaste réseau planétaire de
SETI@home, le signe fugace d'une intelligence extraterrestre attend
peut-être sa découverte.
Notre investissement a-t-il
reçu les effets escomptés ? Qui pourrait
répondre non à cette question ? SETI@home
et ses avantages inattendus démontrent la foi de la
Planetary Society en l'avenir et notre croyance qu'en poursuivant la
découverte et la compréhension de l'univers, nous
pouvons rendre ce petit monde meilleur. Nous sommes fier que vous ayez
aidé à rendre ceci possible.
Dernière mise à jour : 26-07-2007 15:41
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