Une nouvelle application scientifique,
appelée "optimizer", sera mise en service à
partir de lundi 17 septembre.
Pour commencer, elle fonctionnera en
tant qu'application test, seuls les utilisateurs sous Windows et qui
auront coché l'option "run test applications" (dans
leurs préférences
malariacontrol.net) obtiendront ce type d'unité.
Ces unités demanderont de 5 minutes à une heure
de calcul, en fonction des paramètres du modèle.
Il n'y a pas encore de points de sauvegarde, et le pourcentage
d'avancement ne fonctionne pas encore, ainsi attendez au moins une
heure avant de réfléchir pour savoir si votre
unité est coincée... Le calcul est
effectué avec la technologie Java, contenue dans le
"wrapper" boinc standard. C'est d'ailleurs le premier projet BOINC qui
utilisera Java.
La date-limite de renvoi d'une
unité sera de 48 heures pour la phase de test, puis ensuite
de trois jours.
Le nom "optimizer" a
été choisi pour cette application car les
composants du serveur sont essentiellement des cadriciels
optimisés pour une "utilisation
générale". Avec cette nouvelle application, les
scientifiques du groupe pourront travailler sur des questions plus
spécifiques. Par exemple, préparer des
modèles plus simples qui ne seraient pas adaptés
au modèle malaria standart. Ces calculs nous aideront
à améliorer l'application malariacontrol.net.
L'application optimizer devrait fonctionner durant un an ou plus, tout
dépend des résultats qu'elle sera en mesure de
produire.
Quelques indications sur les
implications scientifiques de cette nouvelle application :
Pour effectuer des
prévisions quantitatives sur la transmission du paludisme,
il est très important de savoir durant combien de temps une
infection perdure chez un individu infecté. Plus longtemps
elle durera, plus la probabilité qu'un moustique
soit infecté sera grande, plus vous aurez de moustiques
infectés, plus d'individus seront infectés etc,
etc, etc….
A première vue, la durée d'infection semble
facilement mesurable : il faut juste regarder à partir du
moment ou une personne est infectée, et effectuer des
prélèvements sanguins jusqu'à ce que
cette personne ne soit plus infectée.
Malheureusement, vous n'avez que 50% de chances de détecter
une infection. Ainsi vous avez déjà un
problème : vous ne savez pas quand l'infection a
commencé, et vous ne saurez pas exactement quand elle
finira.
En outre, dans les zones à haut potentiel
épidémique, les gens sont très souvent
infectés jusqu'à dix infections
simultanément voir plus… ainsi vous ne pourrez
jamais savoir si ce que vous voyez est toujours la même
infection ou une nouvelle.
Récemment un travail de notre institut a utilisé
de nouvelles méthodes basées sur l'ADN (qui
permettent de distinguer différentes infections), en liaison
avec une approche mathématique, pour estimer la
durée moyenne d'une infection de paludisme Plasmodium
falciparum (le plus dangereux des parasites responsables du
paludisme) non traitée.
Voir Sama
etal. 2006 (seul le résumé est
librement accessible au public)
Variation
saisonnière et de l'ancienneté des taux de
transition et de la détectabilité du paludisme Plasmodium
falciparum
Département de
Santé publique et d'épidemiologie, Institut
Tropical Suisse, Socinstrasse 57, Postfach CH-4002, Bâle,
Suisse.
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L'effet de
l'immunité acquise sur la durée des infections
par Plasmodium falciparum n'est pas très clair, c'est l'une
des importantes limites des modèles de transmission du
paludisme. Les problèmes interviennent dans la
détermination de la durée des infections en
raison de la difficulté à distinguer les
infections persistantes par rapport aux nouvelles infections, et parce
que les densités parasitaires dépassent souvent
de façon éphémère la limite
de la détection. Nous avons récemment
développé un modèle dynamique pour le
taux d'infection, la clairance parasitaire et la détection
de multiples infections par le génotype P. falciparum
et nous l'avons corrélé à un ensemble
de données issues d'une étude longitudinale au
nord du Ghana. Nous étendons maintenant ce modèle
pour tenir compte de la variation saisonnière et de
l'ancienneté des taux d'infection mais également
de l'âge dépendant de la clairance parasitaire et
de la détectabilité des infections. Ces
modèles indiquent qu'il existe une variation
saisonnière du taux d'infection, de la
détectabilité et de la clairance parasitaire
dépendant de l'ancienneté de l'infection. Les
meilleurs modèles sont non corrélés
à l'ancienneté de l'infection ou au taux de
clairance parasitaire, suggérant que l'immunité
acquise affecte principalement la détectabilité.
Jusque là, tout va bien, ce
fût une avancée importante. Mais le
problème demeure : quel est la distribution de ces
durées d'infection ? En d'autres termes : est-ce que toutes
les infections durent exactement 200 jours puis s'arrêtent ?
Ou est-ce qu'une infection a une probabilité constante de
disparaître, cette probabilité restant constante
quel que soit l'ancienneté de l'infection ? Probablement
aucune de ces deux affirmations n'est juste, mais quoi qu'il en soit,
nous devons décrire la forme de la distribution des
durées d'infection, afin de réaliser des
prévisions plus précises.
Département de
Santé publique et d'épidémiologie,
Institut Tropical Suisse, Socinstrasse 57, Postfach CH-4002,
Bâle, Suisse.
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Les données
relatives à la persistance des infections par Plasmodium
falciparum suite à une infection
délibérée de sujets humains avec le P.
falciparum entre 1940 et 1963 (en tant que traitement contre la
neurosyphilis
aux Etats-Unis (en Géorgie)) ont été
utilisées pour examiner la corrélation de cinq
distributions de paramêtres courament utilisés
avec les durées de survie du virus par l'utilisation de
graphiques quantile-quantile. Nos résultats indiquent que le
meilleur ajustement est obtenu avec les distributions de Gompertz ou de
Weibull. Ce résultat a des implications importantes pour les
modélisations mathématiques du paludisme, qui au
cours du siècle passé supposaient exclusivement
que la durée des infections par le paludisme suivait une
distribution exponentielle. Il est important de connaître la
distribution correcte car sa forme influence fortement la
durée de la surveillance requise dans un programme
d'intervention pour éliminer ou réduire le
paludisme.
C'est presque où nous
voulions en venir, excepté une chose : la publication
ci-dessus mesure la distribution pour une population vivant aux
Etats-Unis et qui n'avait jamais contracté le paludisme
auparavant. Elles ont été infectées
avec pour but, de traiter leur syphilis (un traitement très
prisé à cette époque). Nous ne savons
pas à quoi ressemble la représentation pour les
personnes vivant dans les zones avec un taux de transmission du
paludisme élevé, avec des infections multiples et
après avoir été constamment
infectés durant des décennies…
Les tentatives pour trouver une
solution mathématique à ce problème
n'ont pas donné de résultats... Les
équations deviennent insolubles. Mais il existe une
échappatoire : au lieu d'utiliser des équations,
nous pouvons utiliser des simulations individuelles, c'est à
dire que nous simulons chacune des infections dans un programme
informatique, pour voir quels paramètres peuvent reproduire
au mieux les données dont nous disposons. Le principal
inconvénient est que ceci prendrait trop de temps
à être calculé sur un seul ordinateur.
Et c'est donc pourquoi nous avons besoin de vous, les
garçons et les filles, et merci
énormément de rendre ceci possible ! !
P.S. : Complément au sujet de la collecte de
données mentionnée ci-dessus, pour
empêcher les malentendus : Il existe de très
strictes directives éthiques sur la façon dont on
permet à quelqu'un d'obtenir de telles données.
Comme la plupart des infections par le paludisme dans les zones
à haut potentiel épidémique ne causent
aucun symptôme, être atteint de paludisme ne
signifie pas que vous êtes malade (en raison de
l'immunité acquise). Les personnes qui présentent
les symptômes de la maladie reçoivent
naturellement un traitement.
Cet article a été publié le 13-09-2007 19:44. Vous pouvez suivre les commentaires suscités par cet article grâce au fil RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire.
Dernière mise à jour 28-09-2008 02:06
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