AccueilEcologie Densité maximale de l'eau, simulation réalisée à l'aide du modèle water SPC/E
Densité maximale de l'eau, simulation réalisée à l'aide du modèle water SPC/E
Les deux lycéens, Hugo Bouma et Hugo van der Wijst, ont rendu la semaine dernière leur travail pré-universitaire. Vous pouvez avoir accès à leur exposé et à leurs conclusions en visionnant ce document .pdf de 10 pages en Anglais.
Voici une traduction des points importants de leur travail :
Méthode :
Nous avons simulé 64
molécules d'eau dans un cube périodique. La
taille du cube a été modifiée pour
trouver le volume où la pression serait de une
atmosphère. À l'état naturel, ceci
devrait donner un cube de 23.465 bohr. Tous les calculs ont
été faits pour une température de 298
Kelvin, excepté pour la dernière simulation. Le
programme que nous avons utilisé pour simuler l'eau fut
ClassicalDynamics, un programme open source écrit par M.F.
Somers et développé à
l'Université de Leyde. Les simulations ont
été calculées sur des ordinateurs
répartis sur l'ensemble de la planète par
l'utilisation de BOINC et de la grille informatique Leiden Classical.
Lors de la première
série de calcul, nous avons utilisé le
modèle water fourni puis modifié la taille du
cube. Après ce changement, nous avons laissé la
simulation fonctionner pendant quelque temps, pour laisser les
molécules d'eau se répartir dans l'espace
nouvellement créé, ensuite, la taille du cube a
de nouveau été modifiée.
Image 1 : 64
molécules d'eau dans un cube de 64.000 bohr3
de volume
Après avoir
modifié plusieurs fois la taille du cube de cette
manière, un comportement très
intéressant et étrange s'est produit. Lorsque la
taille du cube atteignit 40x40x40 bohr, les molécules d'eau
se sont toutes alignées sur 4 couches (voir l'image 1)
Pour examiner ce comportement, nous
avons commencé par modifier la taille du cube de cette
nouvelle structure. Comme la position semblait extrêmement
optimale, un changement de la taille du cube a
été effectué d'une autre
manière. Premièrement, en augmentant ou en
réduisant la taille de 2 bohr, à
l'échelle des molécules. Puis par une
série de conformations, en utilisant l'algorithme qui
convenait le plus, pour supprimer l'effet latéral de
déplacement implicite, appelé aussi mise
à l'échelle des atomes d'hydrogène H
(scaling of the H atoms). Puis nous avons laissé la
simulation fonctionner pendant 1 picoseconde, pour laisser les
molécules s'adapter au changement de taille.
Pour la dernière
série de calcul, nous avons tenté de
découvrir s'il y avait une corrélation entre la
température et la pression. Pour mener à bien
cette recherche, nous avons utilisé la structure avec un
cube de 32x32x32, trouvé lors de la
précédente série de calcul, et nous
avons fait varié la température par pas de 5
degrés. Nous avons donné 1 picoseconde
à cette structure pour s'adapter à cette nouvelle
température.
Résultats :
La première chose qui saute
aux yeux sur le premier graphique est que la pression est
négative. Une autre chose intéressante
à constater est que la pression n'atteint pas une
atmosphère (3.35448 x 10-9 a.u.p). Nous nous sommes
arrêtés à un volume de 3.375 bohr,
puisqu'un volume plus faible aurait créé une
situation extrêmement instable.
Graphique 1 : Pression moyenne
après 1 nanoseconde. Ces données ont
été trouvées en faisant varier le
volume du cube.
Dans le second test, nous avons
analysé plus en profondeur les structures
alignées en faisant varier la taille du cube contenant les
structures alignées (Graphique 2). Il est
intéressant de remarquer la courbe du graphique allant de
4096 bohr3 à 157464 bohr3
(Graphique 3). Une courbe de régression peut être
tracée en utilisant la fonction suivante : P = -0,215 V -1,18
, avec P exprimé en a.u.p et V en bohr3.
Remarquez que les molécules
se sont arrangées de manières
différentes pour les différents volumes. Comme
attendu, le cube avec un volume de 40x40x40 bohr est toujours
aligné comme dans l'image 1, mais les plus grandes
structures du graphique, avec un cube de 56x56x56 bohr, ont
disposé les molécules dans un espace plus
restreint (voir image 2). Il peut être remarqué
que les molécules de la structure avec un gros volume ne
sont pas alignées, alors qu'elles sont toujours
alignées dans les cubes avec un volume moindre. C'est facile
à expliquer, les molécules dans des cubes plus
petits sont affectés par les forces des molécules
dans les cubes voisins, alors que les molécules dans les
cubes plus grands ne sont pas affectés par ces forces.
Graphique 2 : Pression moyenne des
structures d'eau alignées, après 1 nanoseconde.
Notez que la pression est négative.
Graphique 3 : Pareil que pour le 2,
mais on s'arrête à 180.000 bohr3
avec l'ajout d'une courbe de régression
Image 2 : les 64 molécules
d'eau aux structures alignées dans des cubes de
différentes tailles
Nous nous intéressons
également à l'influence de la
température à ces pressions (graphique 4). On
remarque clairement une corrélation entre la
température et la pression : plus la température
est élevée et plus grande est la variation par
rapport à la droite de régression.
Graphique 4 : La pression moyenne du
modèle water dans un cube de 32x32x32 bohr après
1 nanoseconde
Discussion :
Pression négative
Depuis le début de
l'expérimentation, nous nous sommes demandés
pourquoi la pression du modèle était
négative, et restait négative jusqu'à
ce que le volume du cube dépasse 262144 bohr3.
Une pression négative signifierait que les forces
exercées sur les molécules pointent en direction
du centre du cube. C'était incompréhensible. De
plus, si c'était vrai, réduire la taille du cube
aurait créé une pression négative mais
plus faible, car les molécules seraient plus proches les
unes des autres. Ceci voudrait dire, en accord avec le potentiel
de Lennard-Jones, que les forces affectant les
molécules pointent en direction du centre du cube. C'est ce
qui s'est réellement passé avec une pression
négative en augmentation, comme on peut le voir sur le
Graphique 1
Comme le problème n'a pas pu
être trouvé dans le modèle, et qu'il
semblait se produire sur l'ensemble des modèles que le
programme calculait, nous avons conclus qu'il y avait un bogue dans le
programme. Ni l'énergie cinétique, ni le volume
ne peuvent être négatifs, le problème
devait provenir du viriel.
Correction du
problème de pression
Le problème vient de la
manière dont sont calculées la position et la
force des vecteurs, et les cubes dans lesquels ils sont
situés, l'ensemble constituant le composant viriel pour le
calcul de la pression. Le vecteur de force place chaque particule dans
un cube rempli d'images des autres particules du système, la
position des vecteurs est toujours prise en compte en
considérant toutes les particules au début de la
simulation. Toutefois, en raison de la diffusion, les particules de
départ se dispersent en tenant compte des images
d'elles-mêmes dans l'espace, et leurs vecteurs de position
grandissent en conséquence. Cela provoque un
décalage dans le viriel, qui ne se stabilise pas au fil du
temps, mais croît indéfiniment, devenant le
produit scalaire du vecteur et de la force, qui reste toujours dans un
cube, rempli d'un nombre fixe de particules. Cela n'est toutefois pas
directement lié à la croissance du viriel
largement négatif dans le temps.
Considérant que la
probabilité pour une particule de se diriger vers une
direction en particulier est répartie également
entre toutes les directions, l'angle entre la force et la position du
vecteur devrait être également en moyenne de 90
degrés, ce qui donnerait ensuite un cosinus (produit
scalaire) de zéro.
L'explication théorique d'un
viriel devenant largement négatif peut être
examiné en dehors du cadre du présent document,
cependant, la solution est tout à fait claire :
Comme le vecteur de force est calculé en utilisant une
interpretation artificielle du cube original, construite à
partir de la particule en question, alors la position du vecteur se
doit d'être dérivée d'une
interprétation artificielle de la molécule,
projetée dans le cube original. Ceci est logique, l'illusion
que toutes les particules restent dans le cube (et font pression sur
ledit cube) est préservée, et le calcul viriel
n'est pas rompu par la logique défectueuse.
Après application de ce
changement, la pression moyenne de l'eau devient positive. Par exemple,
la pression que le modèle prédit pour un cube de
taille 23x23x23 est de 9,77 x 10-6 aup et de
3,56 x 10-6 pour un cube de taille 40x40x40. Il
est intéressant de noter que la pression diminue lorsque la
taille du cube augmente.
Molécules
alignées
Image 3 : les molécules dans un cube de
40x40x40, après avoir fait fonctionner un nouveau
modèle pendant 1,6 nanoseconde. De façon
surprenante, les molécules sont toujours
regroupées en suivant la forme du cube.
Tandis que la pression n'a
été utilisée pour aucun des calculs de
force des particules, l'alignement des molécules que nous
avions remarqué dans un cube de 40x40x40 bohr s'est
également produite avec le programme fixe. Il semble qu'il y
ait une erreur dans le modèle. Comme les
molécules ne bougeaient plus, cela pourrait être
un artefact dans la façon dont la température est
rééchelonné, également
connu sous le nom de flying ice cube effect (effet du cube de glace
volant). Nous n'avons pas été en mesure de
reconstituer l'alignement que nous avions observé dans les
précédentes expériences. Nous avons
trouvé un autre regroupement de molécules aussi
étrange. Après avoir créé
une première structure avec un outil, qui place les
molécules uniformément dans le cube, et en
faisant marcher le modèle sur 1,0 nanoseconde, l'eau s'est
regroupée en suivant la forme du cube (image 3). Ce
regroupement ne s'est pas modifié après 0,6
nanoseconde supplémentaire suggérant que c'est
une situation très stable. Cela montre clairement que le
modèle water utilisé admet quelques
imperfections, notamment en ce qui concerne les situations stables.
Conclusion :
L'étude du modèle
water SPC/E modifié montre des résultats
étranges et erratiques, et plus particulièrement
lorsqu'on laisse le modèle tourner sur une longue
période. Il se pourrait que ceci soit causé par
un artefact dans la simulation similaire à l'effet "flying
ice cube" (cube de glace volant). Il est impossible de tirer des
conclusions sur la pression ou sur la densité
prédite par ce modèle, car la pression a
été calculée en utilisant des formules
incohérentes qui la rendent négative.
Modifier le logiciel sur la grille
informatique était quasiment impossible étant
donné le temps qui nous avait été
donné, rendant impossible l'étude du nouvel
algorithme pour calculer la pression.
Cet article a été publié le 19-12-2007 19:52. Vous pouvez suivre les commentaires suscités par cet article grâce au fil RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire.
Dernière mise à jour 17-01-2008 16:31
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