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Pourquoi sommes-nous encore en vie ? |
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Le projet
evolution@home
vient de communiquer ses premiers résultats depuis son
adaptation à Boinc sur le projet yoyo@home (liens :
anglais
/
allemand)
"
Les premières
analyses des processus d'évolution avec le simulateur005
sont maintenant disponibles en téléchargement
gratuit.
Le principal résultat établit que le
modèle
standard actuel de l'évolution de l'ADN
mitochondrial humain
est incomplet, car il prédit l'extinction de la
lignée
humaine en moins de 20 millions d'années. Tandis que la
recherche de développements convenables au modèle
standard est enclenchée, ce travail
fournit une nouvelle raison de combattre toute forme de pollution
pouvant nuire à notre ADN.
Evolution@home
a
été conçu pour agréger la
puissance de calcul des
ordinateurs reliés à Internet. Ces ordinateurs
sont alors utilisés pour simuler certains
problèmes de biologie évolutionniste, comme par
exemple
le "cliquet de Müller", un processus qui peut conduire
à
l'accumulation de mutations génétiques
délétères (mutations
défavorables) dans les
populations asexuées. Bien que
l'écrasante majorité des espèces ont
une
sexualité
(c'est-à-dire qu'ils échangent leur
matériel
génétique), les exceptions
intéressent fortement les biologistes. En effet, ces
exceptions permettent de
tester les différentes théories. L'ADN
mitochondrial fait
partie de ces exceptions, les mitochondries sont présentes
dans
chacune de nos cellules et jouent en quelque sorte le rôle
d'une usine
électrique miniature. Le génome des
mitochondries est
exposé à certains risques, et des mutations
défavorables de son ADN
sont relativement fréquentes. Cependant, personne
à ce
jour
n'a encore simulé les conséquences de
l'accumulation de ces
mutations chez l'Homme, car ce travail
nécessite d'importantes ressources de calcul.
Ces dernières années, evolution@home a permis de
rassembler l'équivalent de 100 années de calcul
dans sa
quête d'une meilleure compréhension des
conséquences des mutations faiblement
délétères. Le fait que
ces mutations ne soient que faiblement défavorables explique
qu'elles ne
peuvent pas être éliminées par la voie
de la sélection
naturelle. Le récent travail qui vient d'être
publié (
lien,
PDF
1.7Mo),
utilise des simulations à la pointe des derniers
développements du modèle classique
simulant le processus d'évolution de l'ADN mitochondrial
chez
l'Homme. L'objectif était de prédire
combien de
temps il faudrait pour dégrader les fonctions des
mitochondries
à un point tel que cela mettrait en péril la
survie même de la
lignée humaine.
Les résultats révèlent qu'il faudrait
moins de 20
millions d'années pour que l'accumulation de mutations
faiblement délétères arrive
à ses tristes fins. C'est donc le paradoxe du
déclin
génomique, puisque le génome mitochondrial de
l'Homme
actuel est beaucoup plus ancien. De nombreuses
solutions permettent de résoudre ce
paradoxe, un
travail est d'ailleurs mené pour déterminer
quelles
solutions pourront
être retenues. Parmi les explications
possibles, on
peut citer la réversion des mutations, les recombinaisons
génétiques sporadiques, les mutations
compensatoires et
toute une liste d'autres facteurs biologiques qui ont
été
ignorés dans le modèle standard. Davantage de
simulations
devront être lancées sur
evolution@home et de nouveaux simulateurs devront être
créés pour résoudre cette
question.
Ce travail permet également de présenter des
résultats
plus concrets. Les simulations ont
montré que l'accumulation de mutations
génétiques défavorables est
extrêmement sensible à la vitesse à
laquelle ces changements surviennent au sein de chaque
génération. Si nous
augmentons la brutalité de ces changements, suite par
exemple à une contamination
de l'air par des agents radioactifs, alors, il y aura exponentiellement
plus de mutations défavorables, ce qui implique que ces
mutations seront
portées par tous les humains dans les
générations suivantes. Cela signifie que les
maladies
génétiques de toutes sortes vont devenir de plus
en plus
fréquentes et même si nous prenons en compte les
scénarios les plus
optimistes sur l'avenir des biotechnologies médicales, la
médecine ne serait
pas en mesure de stopper cette tendance. Le cancer
et les
maladies
mendélienne comme la
mucoviscidose
font partie de tout un tas de raisons pour lesquelles nous devons
réduire au minimum la vitesse de l'altération
artificielle du génome. La
perspective à long terme fourni par cette nouvelle
étude
nous incite à agir."
* Le coefficient de sélection est égal
à la différence entre 1 et
ω
ω
représente la valeur sélective relative qui est
égale au rapport entre la valeur sélective
absolue W et la plus forte valeur sélective
absolue (Wmax) observée dans la population prise en
compte ( W / Wmax).
La valeur sélective est un concept central en
théorie de l'évolution. Elle
décrit la capacité d'un individu d'un certain
génotype à se reproduire. C'est une mesure de la
sélection naturelle. On peut évaluer la
valeur sélective d'un individu (aussi appelée
succès
reproducteur) par son nombre de descendants à la
génération suivante. La valeur
sélective
ω
d ’un génotype
correspond au nombre de descendants viables et fertiles que produit en
moyenne chaque individu de ce génotype à la
génération suivante. Valeur sélective
= Survie x Fécondité.
Source
wikipédia