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Réchauffement climatique et évènements saisonniers extrêmes

Des perturbations qui se succèdent sur les îles britanniques, ayant pour conséquence des pluies diluviennes et les pires inondations que le Royaume-Uni ait connu depuis 60 ans. Des vagues de chaleur à répétition au Sud Est de l'Europe. Une nouvelle fois, il convient de s'interroger sur la relation entre le réchauffement climatique et l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des évènements climatiques saisonniers. Cependant, aujourd'hui, aucune étude scientifique n'a été assez poussée pour venir confirmer cette relation.

Mais dans plusieurs mois, les résultats du projet Seasonnal Attribution reliés à une étude qui vient d'être publiée dans Nature pourraient apporter un peu plus de certitudes scientifiques.

L'étude qui vient d'être publiée dans le journal scientifique Nature (Rainfall changes linked to human activity) conclut que dans les régions situées entre le 40ème et le 70ème Parallèle Nord (c'est à dire une zone qui inclut une bonne partie du continent Nord Américain et la quasi-totalité de l'Europe), les cumuls pluviométriques annuels ont augmenté à un rythme de 62 millimètres par siècle sur la période étudiée (1925-1999). Les chercheurs estiment que 50% à 85% de cette augmentation serait due à l'activité humaine. Cette étude est extrêmement importante, car elle prouve pour la première fois que les concentrations de CO2 dans l'athmosphère viennent modifier les normales pluviométriques, et ce n'est qu'un signe avant-coureur des changements qui s'annoncent. Cette étude est vraiment complémentaire avec le projet Seasonnal Attribution.

D'ailleurs, deux des auteurs de cette publication ont été formés dans le même département de recherche que Pardeep Pall, le Responsable du projet Seasonnal Attribution, et Peter Stott de l'UK Met Office est l'un des collaborateurs du projet Seasonnal Attribution.

 

Le projet Sesonnal Attribution a besoin de puissance de calcul ces prochaines semaines.

Il reste actuellement un peu plus de 7000 unités sur les serveurs. Plus vite elles seront calculées, et plus vite les résultats du projet pourront être exposés dans une publication qui devrait apporter des réponses cruciales sur les liens entre le réchauffement climatique et l'augmentation de l'occurence des évènements climatiques extrêmes (pluies diluviennes en Grande Bretagne, vagues de chaleurs en Inde et en Afrique du Sud, fontes de la neige dans les montagnes rocheuses à l'Ouest des États-Unis)

Pour participer à cette extension, il faut toujours avoir une grosse configuration, c'est à dire plus de 1 Go de ram. Les unités se calculent en une quinzaine de jours.

 

 

 

Les buts de cette dernière extension

 

La plupart des résultats de la première extension du projet ont été analysés (voir ici). Cette analyse a confirmé l'impression selon laquelle la fréquence de l'occurrence des inondations du type de celles qui ont eu lieu durant l'Automne 2000 en Grande Bretagne semble extrêmement dépendante des valeurs de la Température de la mer à la surface (SST : Sea Surface Temperature) introduites dans le modèle.

En fait, le graphique ci-dessous résume l'une des analyses les plus récentes. Il montre la période de retour des précipitations automnales (c'est-à-dire à quelle fréquence ces précipitations se produisent ; axe des abscisses). Ce graphique est le résultat de toutes les simulations calculées jusque-là pour des climats "industriels" et "non-industriels". Chaque cercle représente une simulation individuelle. Les différentes couleurs indiquent les différents climats modélisés, les points les plus petits représentent différents types de climats non-industriels selon les quatre différents types de SST utilisés. Les responsables du projet ne peuvent pas encore dire exactement quelle couleur représente quel climat, ni donner les valeurs exactes pour les précipitations (l'axe vertical) -- tout du moins pas avant la publication !.

La raison première de cette nouvelle extension est qu'il n'y a que relativement peu de simulations qui reproduisent les évènements vraiment extrêmes. Pour être plus explicite, en ce qui concerne les évènements vraiment extrêmes qui se produisent moins d'une fois tous les 100 ans, il y a relativement peu de simulations qui les reproduisent avec certitude. Les cercles sur le graphique deviennent de moins en moins nombreux et donc de plus en plus "contestables" au fur et à mesure qu'on s'avance vers le côté droit du graphique -- et cela particulièrement pour les cercles les plus petits représentant les différents types de climats "non-industriels" selon 4 SST différentes. C'est ce qui était attendu puisque, par définition, ces évènements sont rares et donc très difficiles à reproduire. Mais les résultats seraient plus "solides" si nous réussissions à calculer une centaine de simulations supplémentaires pour chacun de ces climats.

Ainsi, cette deuxième extension consiste simplement à distribuer plus de simulations (le même type de simulations qui ont été analysées lors de la première extension avec 4 SST différentes). Le but est de détailler un peu plus les résultats. En fait, seules les simulations non-industrielles sont distribuées, le but étant d'augmenter la représentativité des petits cercles.

 

L'avenir du projet (un système opérationnel permanent)

Le projet en cours pourrait être développé sous une forme opérationnelle . L'idée est que ce système opérationnel calculerait en tout temps (de la même façon que les prévisions météorologiques opérationnelles) les simulations des modèles dits "industriels", avec les toutes dernières données sur les concentrations en gaz à effet de serre dans l'atmosphère (et probablement aussi en sulfate) et les températures de la mer à la surface. Ces simulations seraient ensuite comparées avec les modèles dits "non-industriels".

Ainsi le projet pourrait produire assez rapidement une évaluation après qu'un évènement « X » se soit produit (cette évaluation serait relative à la probabilité que l'occurrence de ce type d'évènement ait varié du fait du changement climatique lié à l'activité humaine). "Le assez rapidement" dépendra de la vitesse à laquelle les dernières données sur les concentrations de CO2 dans l'athmosphère et de la température à la surface de la mer seront rendues disponibles et à la vitesse à laquelle les "Boinceurs" pourront calculer les simulations !

En résumé, le but sera d'évaluer rigoureusement la variation de la probabilité de survenance de différents types d'événements météorologiques suite au changement climatique.